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Pneus moto

Encore un bel article bien « fouillé » de Moto sécurité.fr

C’est une matière (la gomme) sensible, sujette à débat et en tout cas soumise à de nombreuses variables.

D’un point de vue objectif, le comportement d’un pneu varie beaucoup selon la température, la pression d’usage, le type de routes, etc.

D’un point de vue subjectif, l’appréciation, le ressenti de ce comportement varie plus encore : selon le type de moto, le style de conduite et surtout l’expérience du pilote.

Il faut dans l’idéal avoir conduit avec différents types de pneus, sur la même moto, et si possible sur des motos différentes, pour en mesurer les nuances, dans diverses conditions climatiques, conditions de charge, etc.

Un ensemble de critères difficiles à réunir tous. Et c’est bien pourquoi les comparatifs de la presse moto comportent une “marge d’appréciation”, voire d’erreur.

En dehors de l’aspect “performances”, très subjectif selon le style de conduite, l’usure varie selon les cas avec une fourchette d’amplitude assez gigantesque.
Sur la même machine, un même pneu peut faire entre 6.000 et 30.000 km selon les conducteurs !

Comme le rappelle un encadré d’un dossier de Motomag sur les pneus sport-tourisme, avec des données de source Bridgestone, l’usure est fonction :

  • de la pression du pneu, avec 2.000 km d’écart de longévité possible entre un pneu bien gonflé (2,5 bars) et un pneu sous-gonflé de 15% (2,1 bars) ;
  • de la charge, car un dépassement de 20% du poids maximal autorisé par le pneu augmente l’usure de 30% ;
  • de la vitesse de conduite moyenne (plus le pneu roule vite, plus la gomme s’en va et plus la carcasse fatigue) ;
  • du freinage, en puissance comme en fréquence ;
  • du type de route (la montagne use plus que la plaine) ;
  • du climat ou plutôt de la température (la chaleur augmente l’effet d’oxydation de la gomme) ;
  • du type de revêtement (30% de différence d’usure entre un goudron lisse et un goudron rugueux).

Avec un tel nombre de variables, cela ne rime pas à grand-chose de recommander tel ou tel pneu pour sa longévité.

La seule variable sur laquelle nous pouvons réellement avoir une influence est la pression de gonflage.

Les essais de la presse

Pour les performances d’adhérence, on peut parvenir à des comparaisons sur base d’un protocole de test rigoureusement suivi et identique avec la même moto, le même conducteur, les mêmes conditions climatiques, la même chaussée, etc.

Les résultats seront valables sur cette moto donnée, pas forcément sur une autre. Cela donne une idée, sans plus.

Les tests comparatifs des magazines sont menés par des pilotes professionnels, sur des machines neuves, sur des pistes à haute adhérence, avec des pneus tout neufs.
Or on sait combien un pneu peut se dégrader à mesure qu’il s’use.

Choisir son type de pneus

Alors, me direz-vous, avec tout ça, on est bien avancés : on fait quoi maintenant ?
Si vous avez vraiment bien lu tout ce qui précède, vous devriez déjà en avoir une petite idée…

A moins de faire régulièrement du circuit ou du rallye routier, il est à mon sens inutile de monter du pneu sportif sur une moto de route.
Hé oui, même sur les sportives, dont 80% ne voient jamais l’asphalte d’un circuit !

Les pneus sportifs

Les pneus sportifs sont en effet conçus pour “performer” dans des conditions précises, avec un suivi constant de leur pression et une adaptation aux circonstances, au grip de la piste choisie.

Leur température de fonctionnement doit se situer entre 80 et 110°C, une plage qui n’est atteinte qu’après plusieurs kilomètres effectués par temps sec et chaud.
Ils offrent un maximum de vivacité sur les changements d’angle et une excellente adhérence sur leur angle maximal, à 40 ou 50 degrés d’inclinaison, ce qui demande un pilote confirmé.
Et si ces pneus permettent bien de prendre des angles de fou dès le premier virage… c’est grâce à l’emploi des couvertures chauffantes !

Bref, que des conditions que l’on ne retrouve PAS sur la route.
Du moins pas de façon constante.

Il suffit d’un temps humide et/ou un peu frais (moins de 10-15°c ambiants), d’une pression inadaptée, d’un temps de chauffe insuffisant qui laisse les gommes à moins de 40°C, que le motard soit un peu hésitant et/ou n’ait pas la maîtrise pour aller au-delà de 30 degrés d’angle… et les pneus sport, supersport, racing, piste, etc. deviennent beaucoup moins performants, voire moins rassurants que des pneus routiers, au profil plus rond.

Sans compter que ces derniers vous coûteront bien moins cher, avec une durée de vie de deux à cinq fois supérieure et un prix souvent inférieur !

Les pneus routiers

Les pneus routiers, parfois appelés GT ou “sport-GT”, ont connu des progrès technologiques impressionnants ces dix dernières années.

Quand j’ai débuté la moto au début des années 2000, on roulait encore sur des Michelin Macadam 100X, des pneus “en bois”, hyper-endurants mais beaucoup trop durs (donc glissants).
Au milieu des années 2000 est arrivé le Pilot Road 2 qui a révolutionné la catégorie. Aujourd’hui, avec les PR 3 puis 4 puis le Road 5, on atteint des niveaux de performance proches des pneus sport et surtout, en toutes circonstances.

Certes, un pneu routier privilégie la longévité avec une gomme résistante (surtout sur la bande de roulement), une carcasse rigide (mais confortable pour absorber les chocs) et des rainures profondes (pour bien évacuer l’eau).
Mais son point fort est désormais d’être efficace dès les basses températures : pas besoin de beaucoup de temps de chauffe, le grip est bon dès les premiers kilomètres.

Concrètement, dans des conditions idéales (temps chaud et sec, pneu chaud et bien gonflé), un pneu route moderne sera à peine moins performant qu’un pneu sport dans le cadre d’une conduite “normale”.
Et il sera aussi performant dans toutes les autres conditions, voire plus performant par temps froid ou très mouillé.

Le seul moment où le pneu sportif prend vraiment l’avantage, c’est à l’attaque, par temps chaud et sec, avec une bonne pression, sur un revêtement impeccable et avec un motard compétent au guidon d’une moto puissante (plus de 150 chevaux).
Malgré ce que beaucoup de motards kékés peuvent penser, c’est un ensemble de conditions qui se trouve (très) rarement réuni sur la route…

Conclusion

Bref, pour 90% des motards, les pneus routiers suffisent amplement.

Plusieurs de ces pneus possèdent une déclinaison dite GT, destinée à supporter au mieux le poids des machines de plus de 250 kg.

Pour les plus énervés, sur les machines de plus de 150 chevaux (mais quand même destinées à la route), les pneus “sport-route” modernes pourront convenir.

A garder en tête

Ce qui fera surtout la différence, c’est bien sûr la bonne pression de gonflage, mais surtout votre connaissance des performances de vos pneus, ce qui ne peut s’acquérir que par l’expérience, par des roulages prolongés dans une grande diversité de conditions climatiques et d’adhérence.

Un “bon motard”, c’est aussi celui qui sait ce que donnent ses pneus pour pouvoir attaquer en confiance, sans se crisper, en sachant de quel grip il dispose selon qu’il fait 5°C ou 25°C…

Question:

Puis-je mélanger, “panacher”, des pneus entre avant et arrière ?

Il n’est pas du tout nécessaire d’avoir le même modèle de pneu sur les deux roues. C’est utile, mais pas nécessaire.

Si l’on doit changer un pneu avant l’autre, ce qui arrive assez souvent, il est préférable de choisir un pneu de même marque et si possible de même profil (profil rond pour les pneus routiers ou profil triangulaire pour les pneus sportifs). Au pire, avec un pneu avant moins rond que l’arrière, vous ressentirez de légers louvoiements dans la direction.

Un autre “panachage” possible, souvent pratiqué sur les motos routières, est d’associer un pneu un peu “sport” à l’avant (pour l’adhérence) avec un pneu “route” à l’arrière (pour la longévité).

Le souci, c’est qu’un pneu sportif ne trouve son adhérence optimale qu’à partir d’une certaine température. Il adhère très mal à froid. Ce type de panachage fonctionne bien si vous faites de la route, mais il est à déconseiller en ville pour de courts trajets, surtout l’hiver. Le pneu sport n’aura pas le temps de chauffer et au lieu de procurer plus d’adhérence, il aura au contraire tendance à glisser. Plus encore sous la pluie car les sculptures des pneus sport sont moins profondes et moins larges que sur les pneus route.

Bien évidemment, il est vivement déconseillé de mettre un pneu arrière à la place de l’avant et inversement !

Conclusion:

pas la peine de se prendre la tête avant de se décider pour telle ou telle marque, essayez, panachez, il y a toujours un moment ou vous trouverez LA combinaison qui vous convient, alors qu’elle ne conviendra pas pour une autre personne sur la même moto.

Lancez vous, mais respecter les quelques règles de base simples, et vu la fréquence à laquelle les pneus sont changés, vous pouvez « ajuster » à votre goût.

N’essayez pas de vouloir vous approcher d’une perfection dont vous n’avez pas idée au départ, par contre, dites vous que la qualité d’une conduite peut vous affranchir de « supporter » un pneu toute sa durée de vie.

Pour faire court: votre compétence va vous permettre de rouler avec n’importe quel marque, et rappelez vous que ce n’est pas « l’outil » qui créer votre compétence, mais la formation que vous avez reçue; bonne opportunité pour faire des stages, vous en tirerez toujours quelque chose de positif.